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Les villes les plus riches de France

Parmi les grandes villes, la plus riche de France est Neuilly-sur-Seine (92), au revenu médian de 48 010 € par an. Suivent Boulogne-Billancourt et Levallois-Perret. Le haut du classement est massivement francilien, concentré à l'ouest de Paris. Sans seuil de population, ce sont de petits villages frontaliers de la Suisse qui dominent.

31 154 communes classéesSource : INSEE Filosofi 2022
Ville la plus riche : Neuilly-sur-Seine, 48 010 €Médiane du classement : 21 370 €Revenu médian en France : 23 080 €123 communes · INSEE Filosofi 2022
#CommuneRevenu médian
1
Neuilly-sur-Seine92
Taux de pauvreté 8 %Chômage 8,7 %
48 010 €
2
Boulogne-Billancourt92
Taux de pauvreté 9 %Chômage 8,5 %
35 040 €
3
Levallois-Perret92
Taux de pauvreté 9 %Chômage 8,6 %
34 500 €
4
Versailles78
Taux de pauvreté 7 %Chômage 7,6 %
33 780 €
5
Issy-les-Moulineaux92
Taux de pauvreté 8 %Chômage 7,8 %
33 650 €
6
Rueil-Malmaison92
Taux de pauvreté 8 %Chômage 8,9 %
32 980 €
7
Saint-Maur-des-Fossés94
Taux de pauvreté 8 %Chômage 7,7 %
32 730 €
8
Courbevoie92
Taux de pauvreté 11 %Chômage 8,9 %
32 080 €
9
Antony92
Taux de pauvreté 9 %Chômage 8,9 %
32 000 €
10
Clamart92
Taux de pauvreté 11 %Chômage 9,4 %
29 920 €
11
Paris75
Taux de pauvreté 16 %Chômage 10,7 %
29 730 €
12
Asnières-sur-Seine92
Taux de pauvreté 15 %Chômage 9,8 %
28 370 €
13
Maisons-Alfort94
Taux de pauvreté 10 %Chômage 9,1 %
28 010 €
14
Annecy74
Taux de pauvreté 10 %Chômage 9,1 %
26 250 €
15
Pessac33
Taux de pauvreté 13 %Chômage 12 %
25 940 €
16
Aix-en-Provence13
Taux de pauvreté 15 %Chômage 11,3 %
25 810 €
17
Fontenay-sous-Bois94
Taux de pauvreté 15 %Chômage 11 %
25 750 €
18
Sartrouville78
Taux de pauvreté 13 %Chômage 10,9 %
25 680 €
19
Lyon69
Taux de pauvreté 16 %Chômage 11,5 %
25 430 €
20
Colombes92
Taux de pauvreté 17 %Chômage 11,9 %
25 100 €
21
Bordeaux33
Taux de pauvreté 17 %Chômage 12,6 %
24 870 €
22
Mérignac33
Taux de pauvreté 12 %Chômage 11 %
24 770 €
23
Massy91
Taux de pauvreté 16 %Chômage 9,7 %
24 560 €
24
Antibes06
Taux de pauvreté 15 %Chômage 12 %
24 410 €
25
Nantes44
Taux de pauvreté 17 %Chômage 13,8 %
24 170 €
Comment lire ce classement ?
Le revenu médian est le niveau de vie qui partage les habitants en deux : la moitié vit avec davantage, la moitié avec moins, après impôts et prestations, rapporté à la taille du ménage (source INSEE, dispositif Filosofi 2022). La barre le situe sur une échelle de 0 à 56 000 € ; le trait pointillé marque le revenu médian national (23 080 €). Le classement couvre les communes pour lesquelles l'INSEE publie ce revenu, soit environ 31 150 communes : sous 1 000 habitants, le secret fiscal l'interdit. Le taux de pauvreté peut être absent (« — ») quand l'INSEE ne le publie pas, faute d'assez de ménages concernés (petites communes, ou communes très aisées où les ménages pauvres sont trop rares). Le taux de chômage indiqué est celui du recensement (auto-déclaré), millésime 2021.
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Le top 15 en détail

Ville par ville, ce que disent les chiffres de l'INSEE et ce qui explique des revenus aussi élevés. Treize des quinze communes sont franciliennes, dont neuf dans les seuls Hauts-de-Seine. Annecy et Pessac sont les deux exceptions.

1

Neuilly-sur-Seine (92)

48 010 € · ×2,1 le revenu national
Taux de pauvreté
8 %
France : 14,9 %
Revenu médian
48 010 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
8,7 %
France : 7,8 %

Neuilly-sur-Seine domine sans partage. Son revenu médian dépasse de plus d'un tiers celui de Boulogne-Billancourt, sa poursuivante immédiate. La commune tient sa position de sa géographie, collée à Paris, entre le bois de Boulogne et La Défense, et forme avec les 7e, 8e et 16e arrondissements le cœur des ménages fortunés d'Île-de-France. Ici la richesse ne vient pas d'un secteur d'activité mais d'une accumulation ancienne de cadres supérieurs et de patrimoine. À peine 6 % de logements sociaux, loin du seuil légal. La ville cultive son entre-soi bourgeois.

2

Boulogne-Billancourt (92)

35 040 € · ×1,5 le revenu national
Taux de pauvreté
9 %
France : 14,9 %
Revenu médian
35 040 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
8,5 %
France : 7,8 %

Deuxième commune d'Île-de-France par la population, juste derrière Paris, Boulogne-Billancourt a troqué ses usines contre des sièges sociaux. Renault occupait l'île Seguin. Le tissu s'est reconstruit autour de l'audiovisuel, du numérique et des télécoms, avec TF1 et Bouygues en têtes d'affiche. D'où une population de cadres qui porte le revenu médian à 35 040 euros, le deuxième des grandes villes françaises. La pauvreté y reste à 9 %. La mue industrielle a réussi sans transformer la ville en quartier d'affaires.

3

Levallois-Perret (92)

34 500 € · ×1,5 le revenu national
Taux de pauvreté
9 %
France : 14,9 %
Revenu médian
34 500 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
8,6 %
France : 7,8 %

Levallois-Perret tient dans moins de 2,5 km² et reste la commune la plus dense de France. Sur ce mouchoir de poche, les sièges sociaux ont remplacé les ateliers, L'Oréal en tête avec plusieurs milliers de salariés. La proximité immédiate de Paris et de La Défense a fait le reste. On y trouve surtout de jeunes cadres en début de carrière, qui tirent le revenu médian à 34 500 euros. Peu de familles nombreuses, beaucoup de petits logements chers. La densité n'a pas fait baisser les prix, elle les a nourris.

4

Versailles (78)

33 780 € · ×1,5 le revenu national
Taux de pauvreté
7 %
France : 14,9 %
Revenu médian
33 780 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
7,6 %
France : 7,8 %

Versailles ne doit pas sa place au privé. Préfecture des Yvelines, ville de tribunaux, d'administrations et de lycées réputés, elle vit d'un tertiaire public et de professions très qualifiées. Le château apporte le tourisme, pas les revenus. Ce qui pèse ici, c'est une sociologie stable de cadres et de familles installées de longue date. Son taux de pauvreté tombe à 7 %, le plus bas des quinze communes du palmarès. Une richesse tranquille, héritée plus que gagnée.

5

Issy-les-Moulineaux (92)

33 650 € · ×1,5 le revenu national
Taux de pauvreté
8 %
France : 14,9 %
Revenu médian
33 650 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
7,8 %
France : 7,8 %

Issy-les-Moulineaux compte presque autant d'emplois que d'habitants. La commune a bâti sa prospérité sur le numérique et les télécoms, avec Microsoft, Cisco, Capgemini ou Orange installés dans le quartier d'affaires du Val de Seine. Le pari date des années 1990 et il a tenu. Les anciens terrains industriels du bord de Seine sont devenus des immeubles de bureaux, puis des logements pour les cadres qui y travaillent. Revenu médian de 33 650 euros, chômage sous 8 %. Peu de villes ont converti leur friche aussi vite.

6

Rueil-Malmaison (92)

32 980 € · ×1,4 le revenu national
Taux de pauvreté
8 %
France : 14,9 %
Revenu médian
32 980 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
8,9 %
France : 7,8 %

Rueil-Malmaison joue sur deux tableaux. La commune abrite le siège de Schneider Electric, un des groupes du CAC 40, tout en restant une ville résidentielle étendue et verte, tournée vers la Seine. Le château de Malmaison lui donne son nom et sa notoriété touristique, pas ses revenus. Ce qui explique les 32 980 euros de revenu médian, c'est une population installée de cadres et de professions libérales, propriétaires pour la plupart. Le chômage y reste sous 9 %. Une aisance de banlieue ouest, sans tour de bureaux.

7

Saint-Maur-des-Fossés (94)

32 730 € · ×1,4 le revenu national
Taux de pauvreté
8 %
France : 14,9 %
Revenu médian
32 730 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
7,7 %
France : 7,8 %

Une boucle de la Marne enferme Saint-Maur-des-Fossés, presque une presqu'île. Rien à voir avec l'ouest parisien des sièges sociaux. Ici, ce sont des villas bourgeoises de la fin du XIXe siècle, des pavillons d'entre-deux-guerres et des bords de rivière, sans grand ensemble ni zone d'activité marquante. La commune vit de ses habitants plus qu'elle ne les emploie, et attire depuis longtemps des familles aisées. Revenu médian de 32 730 euros, pauvreté à 8 %. Un îlot d'aisance à l'est, là où le classement penche massivement à l'ouest.

8

Courbevoie (92)

32 080 € · ×1,4 le revenu national
Taux de pauvreté
11 %
France : 14,9 %
Revenu médian
32 080 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
8,9 %
France : 7,8 %

La moitié du parc de bureaux de La Défense se trouve sur le territoire de Courbevoie. La commune vit à l'ombre des tours, avec des dizaines de milliers de salariés qui y travaillent chaque jour sans y habiter. Les résidents, eux, sont largement des cadres du quartier d'affaires. Revenu médian de 32 080 euros, mais un taux de pauvreté de 11 %, au-dessus de Neuilly ou Versailles. Les quartiers anciens du bord de Seine n'ont pas la sociologie des immeubles neufs du plateau. Une richesse moins homogène qu'il n'y paraît.

9

Antony (92)

32 000 € · ×1,4 le revenu national
Taux de pauvreté
9 %
France : 14,9 %
Revenu médian
32 000 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
8,9 %
France : 7,8 %

Au sud du département, Antony mise sur le RER B. Cinq gares desservent la commune et mettent le centre de Paris à une vingtaine de minutes. Le parc de Sceaux, à sa lisière, lui offre un cadre que peu de banlieues denses peuvent proposer. On y trouve des familles de cadres, souvent propriétaires, attirées par les maisons et la proximité du plateau de Saclay. Revenu médian de 32 000 euros, pauvreté à 9 %. La banlieue sud aisée existe, elle est simplement moins commentée que l'ouest.

10

Clamart (92)

29 920 € · ×1,3 le revenu national
Taux de pauvreté
11 %
France : 14,9 %
Revenu médian
29 920 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
9,4 %
France : 7,8 %

Clamart est coupée en deux par son bois. D'un côté le Bas-Clamart, centre historique tourné vers Paris. De l'autre le Petit-Clamart, urbanisé dans les années 1960 près du plateau de Vélizy. La commune a gagné plus de dix mille habitants depuis 1990, portée par les cadres du sud-ouest francilien. Le revenu médian atteint 29 920 euros, mais la pauvreté touche 11 % des habitants, un écart que la moyenne masque. Deux Clamart cohabitent.

11

Paris (75)

29 730 € · ×1,3 le revenu national
Taux de pauvreté
16 %
France : 14,9 %
Revenu médian
29 730 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
10,7 %
France : 7,8 %

Paris n'arrive qu'onzième, dépassée par dix communes de sa propre banlieue. Avec 29 730 euros de revenu médian, la capitale reste loin de Neuilly. Son taux de pauvreté, 16 %, est le plus élevé des quinze et dépasse la moyenne nationale. Paris concentre à la fois les très hauts revenus et une grande partie des ménages modestes d'Île-de-France, et la médiane écrase les deux. L'INSEE y mesure un rapport de un à six entre les 10 % les plus pauvres et les 10 % les plus aisés. Une ville riche n'est pas une ville homogène.

12

Asnières-sur-Seine (92)

28 370 € · ×1,2 le revenu national
Taux de pauvreté
15 %
France : 14,9 %
Revenu médian
28 370 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
9,8 %
France : 7,8 %

Asnières-sur-Seine affiche le deuxième taux de pauvreté du classement, 15 %, juste derrière Paris. L'ancienne cité industrielle s'est reconvertie en ville résidentielle, mais à deux vitesses. À l'ouest, autour de Bécon-les-Bruyères, les maisons bourgeoises et les arrivants venus de Paris tirent les prix vers le haut. Au nord et à l'est, vers Gennevilliers, le logement social domine et les revenus décrochent. La commune doit sa place à sa moitié aisée. La moyenne raconte ici une ville qui n'existe pas.

13

Maisons-Alfort (94)

28 010 € · ×1,2 le revenu national
Taux de pauvreté
10 %
France : 14,9 %
Revenu médian
28 010 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
9,1 %
France : 7,8 %

Maisons-Alfort doit sa notoriété à son École nationale vétérinaire, fondée en 1765 et classée monument historique. Pour le reste, la commune est une ville de familles, pavillonnaire sur une bonne part de son territoire, posée entre la Marne et la Seine. Trois stations de la ligne 8 et le RER D mettent Paris à un quart d'heure. Le revenu médian, 28 010 euros, tient à une population stable de cadres propriétaires. Pas de siège social, pas de tour. Une aisance discrète du Val-de-Marne.

14

Annecy (74)

26 250 € · ×1,1 le revenu national
Taux de pauvreté
10 %
France : 14,9 %
Revenu médian
26 250 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
9,1 %
France : 7,8 %

Annecy est la première commune du classement à ne pas être francilienne, et elle le doit en partie à Genève. L'INSEE compte près de six mille Annéciens qui traversent la frontière pour travailler en Suisse, soit un actif en emploi sur dix. Les salaires suisses remontent donc jusqu'ici, à une quarantaine de kilomètres. Le tourisme et l'industrie de précision font le reste, dans une ville dont le lac a fait flamber l'immobilier. Revenu médian de 26 250 euros. C'est le seul endroit du haut de tableau où l'effet frontalier se lit à l'échelle d'une grande ville.

15

Pessac (33)

25 940 € · ×1,1 le revenu national
Taux de pauvreté
13 %
France : 14,9 %
Revenu médian
25 940 €
France : 23 080 €
Taux de chômage
12 %
France : 7,8 %

Pessac ferme le classement et détonne doublement. C'est la seule commune du Sud-Ouest, et la seule à afficher un chômage à deux chiffres, 12 %. Deuxième ville de Bordeaux Métropole, elle abrite une bonne part des campus universitaires de l'agglomération, dont Bordeaux Montaigne et l'Institut d'études politiques. Le vignoble de Pessac-Léognan occupe l'autre visage de la commune, avec des crus classés à quelques minutes des amphithéâtres. Le revenu médian, 25 940 euros, sort d'une population de cadres et d'universitaires, tempérée par une pauvreté à 13 %.

Ce que la richesse révèle du territoire

Le revenu médian, croisé aux autres classements, dessine une carte de la richesse loin de l'image d'Épinal. Quatre lectures sur les communes de tête, chiffres officiels à l'appui.

Le revenu record n'est pas le diplôme record

Revenu et niveau de diplôme progressent souvent ensemble, mais les sommets ne coïncident pas. La commune la plus riche de France, Grilly dans l'Ain, doit ses revenus aux salaires suisses de ses frontaliers plus qu'aux diplômes. Parmi les communes les plus diplômées, Le Vésinet à l'ouest de Paris compte 75 % de titulaires d'un diplôme du supérieur, mais son revenu médian, pourtant élevé, reste sous celui des villages du bord du Léman. Deux façons d'être aisé qui ne se recouvrent pas.

Gagner le plus ne rime pas avec l'immobilier le plus cher

Les communes au plus haut revenu ne sont pas celles où la pierre coûte le plus. Les villages frontaliers de la Suisse, en tête pour le revenu, s'échangent autour de 5 000 à 6 000 euros le mètre carré. Le record national se trouve ailleurs, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, la commune la plus chère de France avec près de 20 000 euros le mètre carré, ou dans les grandes stations de ski. Ces adresses attirent des acheteurs venus de loin, dont les revenus ne se déclarent pas dans la commune. Prix de la pierre et niveau de vie des habitants racontent deux histoires différentes.

La richesse tient plus du travail que de la retraite

On associe volontiers l'aisance aux grandes fortunes et aux retraités installés au soleil. La carte dit autre chose. Les communes au plus fort revenu sont des villages d'actifs, où l'on a la trentaine ou la quarantaine et où l'on passe la frontière suisse chaque matin. À l'opposé, les communes les plus âgées de France, souvent des villes balnéaires de retraités, n'affichent que rarement les plus hauts revenus. Le niveau de vie le plus élevé se gagne en travaillant, pas en vieillissant.

L'argent n'achète pas la fibre

Le très haut débit ne récompense pas la richesse. La fibre se déploie d'abord dans les zones denses, où raccorder coûte moins cher. Résultat, plusieurs villages frontaliers parmi les plus riches de France restent sous la moyenne nationale de couverture. À Copponex, en Haute-Savoie, à peine plus d'un logement sur deux est éligible, malgré un revenu médian de 46 000 euros. La densité, pas le portefeuille, décide de l'arrivée de la fibre.

Questions fréquentes

Par revenu médian, la commune la plus riche de France est Grilly, un village de l'Ain à la frontière suisse, où le niveau de vie médian atteint 55 340 € par an, plus du double de la moyenne nationale (23 080 €). Le haut du classement est presque entièrement occupé par de petits villages du bassin lémanique, dans l'Ain et la Haute-Savoie, dont beaucoup d'habitants travaillent à Genève et gagnent des salaires suisses. La première grande ville, Neuilly-sur-Seine, arrive au sixième rang.

Parce que ces villages abritent des travailleurs frontaliers employés à Genève, qui perçoivent des salaires suisses, bien plus élevés qu'en France, tout en habitant côté français. Ce phénomène tire mécaniquement leur revenu médian vers le haut, au-dessus des quartiers les plus aisés de la région parisienne. Le revenu médian mesure ce que gagne un habitant typique de la commune, pas le patrimoine ni les très hauts revenus, ce qui favorise ces communes où presque tout le monde travaille de l'autre côté de la frontière.

En nombre absolu, c'est Paris qui concentre le plus de millionnaires, autour de 90 000 pour la seule ville et environ 165 000 pour l'Île-de-France, de loin la première région française sur ce plan. Notre classement, lui, mesure le revenu médian des habitants, pas leur patrimoine ni le nombre de fortunes. Il fait surtout ressortir de petites communes frontalières de la Suisse, où les salaires versés en francs suisses tirent les revenus vers le haut.

Neuilly-sur-Seine est la grande ville la plus riche de France, avec un revenu médian d'environ 48 010 € par an, très au-dessus de toutes les autres communes de plus de 50 000 habitants. Mais plusieurs petits villages frontaliers de la Suisse la dépassent au classement national. Si l'on ne regarde que les grandes villes, Neuilly domine largement, devant Paris et les communes cossues de l'ouest parisien.

Le classement utilise le revenu médian, plus précisément le niveau de vie médian par habitant : le montant qui partage la population en deux, une moitié gagnant davantage, l'autre moins, après impôts et prestations et rapporté à la taille du ménage. La source est le dispositif Filosofi de l'INSEE, millésime 2022, construit à partir des données fiscales. C'est la mesure de référence pour comparer le niveau de vie entre communes.

L'INSEE ne publie pas le revenu des communes de moins de 1 000 habitants, ni de celles où trop peu de ménages sont recensés, afin de protéger le secret fiscal. Environ 31 150 communes de métropole sont couvertes pour le revenu médian. Une petite commune huppée peut donc être absente du classement faute de donnée publiée, et non parce que ses habitants seraient moins aisés.

Le revenu médian est plus fiable que la moyenne pour décrire le niveau de vie réel d'une commune. La moyenne se laisse tirer vers le haut par une poignée de très hauts revenus, si bien qu'elle peut faire paraître riche une ville qui ne l'est pas pour la plupart de ses habitants. La médiane, elle, décrit l'habitant du milieu, celui qui a autant de voisins plus aisés que plus modestes. C'est pourquoi tous les classements sérieux de niveau de vie s'appuient sur elle.

Le revenu médian provient du dispositif Filosofi 2022 de l'INSEE, la dernière année disponible pour cette donnée fiscale, publiée avec deux ans de recul. Le taux de chômage indiqué vient du recensement de 2021. Ce sont des données officielles issues des déclarations fiscales, pas des estimations. Le niveau de vie d'une commune évolue lentement, ces chiffres restent donc représentatifs.