En moyenne sur trois ans (2023-2025), la ville la plus exposée aux violences aux personnes est Mulhouse, avec 8,0 agressions pour 1 000 habitants recensées par le SSMSI, soit plus du double de la moyenne nationale. Suivent Rouen et Calais.
1 869 communes classéesSource : SSMSI 2023-2025
Ville la plus exposée : Mulhouse, 8,0Médiane du top : 4,5Moyenne nationale : 3,1 agressions pour 1 000 habitants122 communes · SSMSI 2023-2025
#
Commune
Violence aux personnesagressions pour 1 000 habitants
Évolution 3 ans
Autres risques du résident
1
Mulhouse68
Cambriolages 5,2Vols de véhicule 1,1
8,0
stable
Cambriolages 5,2 sous la moyenneVols de véhicule 1,1 sous la moyenne
2
Rouen76
Cambriolages 4,6Vols de véhicule 2,7
7,8
+36%
Cambriolages 4,6 sous la moyenneVols de véhicule 2,7 au-dessus
3
Calais62violence sous-estimée
Cambriolages 3,1Vols de véhicule 1,2
7,4
+10%
Cambriolages 3,1 sous la moyenneVols de véhicule 1,2 sous la moyenne
4
Beauvais60violence sous-estimée
Cambriolages 4,1Vols de véhicule 2,3
7,2
-6%
Cambriolages 4,1 sous la moyenneVols de véhicule 2,3 au-dessus
5
Perpignan66
Cambriolages 6,8Vols de véhicule 3,4
7,2
+22%
Cambriolages 6,8 au-dessusVols de véhicule 3,4 au-dessus
6
Bobigny93
Cambriolages 5,9Vols de véhicule 3,3
6,9
-5%
Cambriolages 5,9 au-dessusVols de véhicule 3,3 au-dessus
7
Roubaix59
Cambriolages 9,3Vols de véhicule 3,9
6,9
+16%
Cambriolages 9,3 au-dessusVols de véhicule 3,9 au-dessus
8
Troyes10violence sous-estimée
Cambriolages 3,9Vols de véhicule 1,1
6,8
+24%
Cambriolages 3,9 sous la moyenneVols de véhicule 1,1 sous la moyenne
9
Nancy54
Cambriolages 4,0Vols de véhicule 1,3
6,7
+6%
Cambriolages 4,0 sous la moyenneVols de véhicule 1,3 sous la moyenne
10
Béziers34
Cambriolages 6,6Vols de véhicule 2,7
6,6
+11%
Cambriolages 6,6 au-dessusVols de véhicule 2,7 au-dessus
11
Vénissieux69
Cambriolages 6,5Vols de véhicule 4,1
6,2
-17%
Cambriolages 6,5 au-dessusVols de véhicule 4,1 au-dessus
12
Avignon84
Cambriolages 11,0Vols de véhicule 3,9
6,2
-5%
Cambriolages 11,0 au-dessusVols de véhicule 3,9 au-dessus
13
Lille59
Cambriolages 9,0Vols de véhicule 4,0
6,2
stable
Cambriolages 9,0 au-dessusVols de véhicule 4,0 au-dessus
14
Bondy93
Cambriolages 12,0Vols de véhicule 3,7
6,2
+26%
Cambriolages 12,0 au-dessusVols de véhicule 3,7 au-dessus
15
Saint-Denis93violence sous-estimée
Cambriolages 4,6Vols de véhicule 3,1
6,1
-16%
Cambriolages 4,6 sous la moyenneVols de véhicule 3,1 au-dessus
16
Valence26violence sous-estimée
Cambriolages 6,4Vols de véhicule 3,0
6,1
-27%
Cambriolages 6,4 au-dessusVols de véhicule 3,0 au-dessus
17
Saint-Quentin02
Cambriolages 5,7Vols de véhicule 3,2
6,0
+20%
Cambriolages 5,7 sous la moyenneVols de véhicule 3,2 au-dessus
18
Caen14violence sous-estimée
Cambriolages 3,9Vols de véhicule 1,7
6,0
stable
Cambriolages 3,9 sous la moyenneVols de véhicule 1,7 sous la moyenne
19
Grenoble38
Cambriolages 8,3Vols de véhicule 4,0
6,0
+10%
Cambriolages 8,3 au-dessusVols de véhicule 4,0 au-dessus
20
Narbonne11
Cambriolages 7,5Vols de véhicule 2,6
5,8
-3%
Cambriolages 7,5 au-dessusVols de véhicule 2,6 au-dessus
21
Lorient56violence sous-estimée
Cambriolages 3,4Vols de véhicule 1,9
5,8
-13%
Cambriolages 3,4 sous la moyenneVols de véhicule 1,9 sous la moyenne
22
Saint-Ouen-sur-Seine93
Cambriolages 6,3Vols de véhicule 3,6
5,8
+31%
Cambriolages 6,3 au-dessusVols de véhicule 3,6 au-dessus
23
Corbeil-Essonnes91
Cambriolages 5,5Vols de véhicule 2,8
5,7
+36%
Cambriolages 5,5 sous la moyenneVols de véhicule 2,8 au-dessus
24
Besançon25violence sous-estimée
Cambriolages 3,2Vols de véhicule 1,5
5,7
+7%
Cambriolages 3,2 sous la moyenneVols de véhicule 1,5 sous la moyenne
25
Metz57violence sous-estimée
Cambriolages 6,1Vols de véhicule 1,3
5,7
-6%
Cambriolages 6,1 au-dessusVols de véhicule 1,3 sous la moyenne
Comment lire ce classement ?
Les taux sont des moyennes 2023-2025 (SSMSI, violences aux personnes enregistrées) ; les écarts serrés entre communes voisines ne sont pas significatifs. La barre violette situe le taux sur une échelle de 0 à 10 agressions pour 1 000 habitants ; le trait pointillé marque la moyenne nationale (3,1). L'étiquette « violence sous-estimée » désigne une ville au score de sécurité global correct, mais où la violence de rue est deux fois la moyenne : le danger ne se voit pas dans le classement habituel. Les vols sans violence (pickpockets) ne sont pas comptés : ils suivent le tourisme, pas la vie d'un habitant.
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Le top 15 en détail
Ville par ville, ce que disent nos données pour un futur habitant : type de danger dominant, tendance sur trois ans, et ce qui se cache parfois derrière le score global.
1
Mulhouse (68)
Violence aux personnes
8,0
×2,6 la moyenne
Cambriolages
5,2
sous la moyenne
Vols de véhicule
1,1
sous la moyenne
Mulhouse est la grande ville la plus exposée aux violences aux personnes de France : 8,0 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, plus du double de la moyenne nationale. Ce n'est pas un pic, c'est un niveau installé. Les cambriolages et les vols de voiture y restent pourtant sous la moyenne : le problème est la violence physique de rue, pas le vol. Elle se concentre dans une poignée de quartiers prioritaires, Bourtzwiller et les Coteaux en tête, où vivent 45 % des Mulhousiens. Le fond est une pauvreté lourde, 36,5 % des habitants sous le seuil, plus du double du niveau national, et une économie de trafic ancrée. La réponse publique est massive : Bourtzwiller est classé quartier de reconquête républicaine, la ville aligne 75 policiers municipaux armés et 330 caméras, et 524 millions d'euros de rénovation urbaine sont engagés. Pour une famille, la question n'est pas Mulhouse ou non, mais quel quartier : l'écart entre le centre et la couronne est considérable.
Rouen figure juste derrière Mulhouse au sommet des violences aux personnes : 7,8 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, plus du double de la moyenne, et surtout en forte hausse, 36 % sur la période. Les cambriolages restent pourtant sous la moyenne : le danger, pour un résident, c'est la violence de rue. Elle se joue sur deux terrains. D'abord les plateaux des Hauts-de-Rouen, Grand-Mare, Châtelet, Lombardie et Sapins, et Grammont, sous rénovation urbaine de 169 millions d'euros d'ici 2030, marqués par le trafic et des faits armés : un braquage de pharmacie à la Grand'Mare en février 2025, des coups de feu à la Sablière en mars. Ensuite un centre-ville dense et très étudiant, près de 30 000 inscrits à l'université, où les sorties nocturnes nourrissent les agressions. La mairie a triplé la vidéoprotection depuis 2020 et créé une brigade de nuit, mais réclame elle-même une centaine de policiers nationaux en renfort.
Calais illustre le piège du score global : ses cambriolages et ses vols sont parmi les plus bas de ce classement, ce qui lui donne un score de sécurité d'apparence correcte. La violence aux personnes, elle, atteint 7,4 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, plus du double de la moyenne. Une partie relève du contexte frontalier : Calais reste le premier port transmanche, avec un dispositif permanent de plus d'un millier de forces de l'ordre, et des rixes éclatent dans le milieu des exilés, distinctes de la vie quotidienne d'un résident. L'autre partie est sociale et concentrée à l'est, au Beau-Marais, classé quartier de reconquête républicaine, sur fond de pauvreté (28,5 %) et de chômage (22,8 %) hérités de la désindustrialisation. La ville investit : environ 300 caméras, 134 millions d'euros de rénovation urbaine sur le Beau-Marais et le Fort-Nieulay, et une délinquance de voie publique en net recul en 2025. Mais ces bons chiffres portent sur les vols, pas sur les agressions, qui restent le vrai point de vigilance.
Beauvais, préfecture de l'Oise, a un profil trompeur : peu de cambriolages, un score de sécurité global plutôt correct, mais une violence aux personnes à 7,2 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, plus du double de la moyenne. Bonne nouvelle, la tendance récente est à la baisse. La violence se concentre presque entièrement dans trois quartiers prioritaires, Argentine, Saint-Jean et Saint-Lucien, où vit près d'un tiers de la population, et prend parfois un tour armé : une fusillade a blessé un jeune homme au pied d'une tour de l'Argentine en août 2025, une agression au couteau y a failli coûter la vie à un homme un an plus tôt. Le fond est social : l'Argentine cumule chômage élevé, revenus bas et logement social majoritaire. La ville n'a pas de renfort d'État labellisé, contrairement à Creil dans le même département, mais s'appuie sur une police municipale armée de 53 agents, 200 caméras et un centre de supervision actif depuis 2005, avec 330 millions d'euros de rénovation urbaine sur l'Argentine et Saint-Lucien.
Perpignan n'échappe à aucun risque : la violence aux personnes y atteint 7,2 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, plus du double de la moyenne, en hausse, et contrairement à d'autres villes du classement, les cambriolages et surtout les vols de voiture y sont aussi au-dessus de la moyenne. Le décor est celui d'une ville pauvre : Perpignan est la commune la plus pauvre de son département, et trois de ses quartiers prioritaires figurent parmi les plus pauvres de France, à 75 % de taux de pauvreté. Le cœur ancien, Saint-Jacques et Saint-Mathieu, classé zone de sécurité prioritaire depuis 2012, concentre habitat insalubre et points de deal, au point de faire l'objet d'une rénovation lourde de 117 millions d'euros. La mairie mise tout sur la réponse municipale : environ 200 policiers municipaux armés et plus de 350 caméras, un des taux d'encadrement les plus élevés de France pour une ville de cette taille. L'État complète par des opérations coup de poing anti-drogue, encore intensifiées fin 2025.
Bobigny, préfecture de la Seine-Saint-Denis, affiche 6,9 agressions aux personnes pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, plus du double de la moyenne, à un niveau stable. Le moteur est connu et documenté : le narcotrafic, dont la Seine-Saint-Denis concentre à elle seule 61 % des points de deal d'Île-de-France. À Bobigny, il s'ancre autour de quelques cités : en juillet 2024, une fusillade a fait deux morts dans la cité du Chemin-Vert, à deux pas de la mairie et de la préfecture. Le reste de la ville ne vit pas cette violence au quotidien. Il faut d'ailleurs distinguer ce qui est propre à Bobigny des chiffres du département, souvent bien plus alarmants. La ville n'est ni zone de sécurité prioritaire ni quartier de reconquête républicaine ; elle s'appuie sur une police municipale de 25 agents patrouillant jusqu'à deux heures du matin, une cinquantaine de caméras, et d'importants chantiers de rénovation urbaine en centre-ville et à l'Abreuvoir. Très bien reliée, terminus de la ligne 5 du métro et du tramway T1, elle reste une porte d'entrée du département.
Roubaix cumule les difficultés : c'est la commune la plus pauvre de France, avec 47 % de ses habitants sous le seuil de pauvreté, et cette pauvreté de masse nourrit à la fois la violence et les atteintes aux biens. La violence aux personnes y atteint 6,9 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, plus du double de la moyenne, en hausse ; les cambriolages et les vols de voiture y sont aussi nettement au-dessus, ce qui en fait une double peine pour le résident. Près de 80 % de la population vit en quartier prioritaire, un record national, héritage de l'effondrement du textile. La réponse est à la mesure du problème : la ville est en zone de sécurité prioritaire depuis 2012, dotée d'un quartier de reconquête républicaine depuis 2019, d'un centre de supervision et de plusieurs centaines de caméras, et de 331 millions d'euros de rénovation urbaine. Mais le trafic résiste : une opération d'ampleur a été lancée dans les quartiers du Pile et de l'Épeule début 2024, et les points de deal y réapparaissent. L'insécurité se joue par quartier, pas en moyenne.
Troyes illustre le piège du score global. Les cambriolages y sont sous la moyenne, les vols de voiture presque inexistants. Sur le papier, une ville tranquille. La réalité de la rue est autre : 6,8 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, plus du double de la moyenne, en hausse de 24 %. Les coups et blessures volontaires sont d'ailleurs le délit qui progresse le plus localement, +72 % entre 2016 et 2023. Deux faits récents racontent mieux la ville que sa réputation. En octobre 2025, un homme a été tué au couteau place de la Libération, en plein centre. En janvier 2026, des coups de feu ont éclaté au quartier des Chartreux. La violence se concentre sur les quartiers prioritaires, Chartreux, Jules-Guesde, Point-du-Jour, Sénardes, héritage d'une ville textile désindustrialisée. Jules-Guesde connaît une rénovation urbaine de 155 millions d'euros jusqu'en 2027. Fait notable, Troyes relève du droit commun en matière de sécurité, sans quartier de reconquête républicaine ni dispositif de renfort exceptionnel.
Nancy détonne dans ce classement : ce n'est pas une ville de grands ensembles, mais une capitale étudiante. Un habitant sur six y est étudiant, et cette vie nocturne dense, autour de la place Stanislas, explique des vols sans violence deux fois et demie au-dessus de la moyenne. Ces vols-là suivent la foule, pas le danger d'un résident. Ce qui compte pour une famille, c'est la violence aux personnes, à 6,7 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, plus du double de la moyenne. Elle tient à deux réalités : un trafic de stupéfiants installé jusqu'en plein centre, rue Saint-Nicolas, au point que des commerçants disent modifier leurs horaires, et le Plateau de Haye, l'un des plus grands ensembles de France, en pleine rénovation. Les quartiers prioritaires ne pèsent pourtant que 8 % de la population : la concentration est moindre qu'ailleurs. La ville a armé sa police municipale et créé une brigade de nuit, et l'État a présenté à Nancy en 2026 un plan de sécurisation des commerces, signe que le centre-ville est le vrai sujet.
Béziers est la ville du classement qui affiche le plus gros arsenal sécuritaire municipal, et pourtant la violence y reste élevée. Sous l'impulsion de Robert Ménard, la police municipale est armée depuis 2015, la ville compte entre 440 et 500 caméras et un couvre-feu vise les mineurs des quartiers prioritaires depuis 2024. Cela n'empêche pas 6,6 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, plus du double de la moyenne, en hausse, ni des cambriolages et vols de voiture au-dessus de la norme. La violence se concentre à La Devèze, sur fond de narcotrafic : un homme y a été tué à l'arme lourde près d'un point de deal en 2023, une patrouille de police attaquée au mortier d'artifice en juillet 2025. Le fond est une pauvreté parmi les plus lourdes des villes moyennes, autour de 36 %, avec un centre ancien paupérisé. Béziers n'a ni zone de sécurité prioritaire ni quartier de reconquête républicaine : les grosses opérations dépendent de renforts nationaux ponctuels.
Vénissieux porte une histoire lourde : les Minguettes, ce plateau de la banlieue sud de Lyon d'où est partie la Marche pour l'égalité en 1983, restent un des points chauds du narcotrafic du Rhône. La violence aux personnes y atteint 6,2 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, le double de la moyenne, mais avec une vraie bonne nouvelle : elle recule nettement, de 17 % sur trois ans. Les cambriolages et les vols de voiture, eux, restent élevés. La pression reste vive sur le terrain. Au printemps 2026, La Poste a suspendu la distribution du courrier autour du boulevard Joliot-Curie après plusieurs fusillades, et une opération a mobilisé plus de 200 policiers aux Minguettes. Le quartier est classé zone de sécurité prioritaire depuis 2012 puis quartier de reconquête républicaine, et une rénovation urbaine d'environ 555 millions d'euros y démolit les tours à partir de 2026. Particularité, la police municipale n'y est pas armée, la maire l'a refusé.
Avignon est, de tout ce classement, la ville où l'on risque le plus pour ses biens : cambriolages et vols de voiture y approchent le double de la moyenne, en plus d'une violence aux personnes à 6,2 agressions pour 1 000 habitants, elle-même deux fois la norme. Derrière ces chiffres, un narcotrafic tenace. En 2021, le policier Éric Masson a été tué par balles lors d'un contrôle, en plein centre historique, près des Teinturiers ; en février 2025, trois fusillades en deux jours ont fait un mort et cinq blessés dans les quartiers de La Barbière et Saint-Chamand. La ville vit un grand écart : l'intra-muros du Palais des Papes et du Festival d'un côté, un arc de quartiers sud pauvres de l'autre, où vit un quart des Avignonnais et où la pauvreté dépasse la moitié des habitants. La réponse existe, vidéoprotection dense, police municipale en montée, rénovation urbaine de 300 millions d'euros, zone de sécurité prioritaire, mais Avignon n'a pas de quartier de reconquête républicaine malgré l'intensité du trafic.
Lille affiche les vols sans violence les plus élevés du classement, plus de trois fois la moyenne. C'est le portrait d'une grande métropole étudiante et festive, pas d'une ville dangereuse pour ses habitants : ces vols-là suivent les 120 000 étudiants, la rue Solférino surnommée la rue de la Soif, les gares et la Braderie et ses deux millions et demi de visiteurs. Le vrai sujet résident est ailleurs. La violence aux personnes atteint 6,2 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, le double de la moyenne, et la ville désigne elle-même le trafic de stupéfiants comme son problème numéro un, avec des cambriolages et des vols de voiture en hausse. Tout se concentre sur un même arc, Lille-Sud, Moulins, Fives et le Faubourg de Béthune, les seuls quartiers visés à la fois par la zone de sécurité prioritaire de 2012, le quartier de reconquête républicaine de 2018 et la rénovation urbaine. Un point de deal de la rue de l'Arbrisseau, à Lille-Sud, tient depuis plus de trente ans. Le centre, le Vieux-Lille et les quartiers ouest vivent une tout autre réalité. La police municipale, portée à 160 agents, n'y est pas armée.
Bondy se lit en deux : au nord du canal de l'Ourcq, un tissu de grands ensembles et de pauvreté ; au sud, des pavillons plus tranquilles. C'est au nord et au centre que se joue la violence, en nette hausse, de 26 % sur trois ans. Bondy affiche 6,2 agressions aux personnes pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, le double de la moyenne, mais surtout des cambriolages deux fois plus fréquents que la norme : le résident y risque autant pour son logement que dans la rue. Le moteur est le trafic. Une fusillade a éclaté sur un point de deal du centre-ville en août 2024, une autre dans un restaurant en octobre 2025. La ville n'a pas de dispositif de sécurité renforcé de l'État ; elle a musclé sa police municipale, passée de cinq à vingt-sept agents, déployé une centaine de caméras et engagé 189 millions d'euros de rénovation urbaine au nord. Bien reliée à Paris par le RER, elle attend la ligne 15 du Grand Paris. Comme partout ici, la réalité dépend d'abord du quartier.
Saint-Denis change de visage, et ses chiffres commencent à suivre. La violence aux personnes y reste élevée, 6,1 agressions pour 1 000 habitants en moyenne sur trois ans, le double de la moyenne, mais elle recule vite, de 16 % en trois ans, et les cambriolages y sont plutôt sous la norme : le score global rassure un peu, à raison cette fois. La ville est coupée en deux dynamiques. Au sud, La Plaine, Pleyel et l'ancien village olympique se transforment à grande vitesse grâce aux Jeux de 2024 et au Grand Paris Express, avec 2 200 nouveaux logements et une gare appelée à devenir la plus connectée du réseau. Au nord et à l'est, les quartiers prioritaires comme Franc-Moisin ou Floréal concentrent encore le trafic et une pauvreté parmi les plus fortes de France, 38 % des habitants sous le seuil. L'effort public est massif : la ville est en zone de sécurité prioritaire depuis 2012 et en quartier de reconquête républicaine depuis 2019, avec 120 policiers municipaux et 500 caméras, dix fois plus qu'en 2022. La trajectoire est bonne, le socle encore haut.
La violence aux personnes prend un autre sens une fois croisée aux autres données officielles. Quatre lectures qui corrigent les idées reçues, impossibles à produire sans comparer les classements entre eux.
Les plus grandes villes ne sont pas les plus violentes
D'abord, ce classement mesure la violence aux personnes, les agressions, pas les vols. Sur ce terrain, la taille ne fait pas la loi. Paris, Lyon et Marseille pointent autour de la 45e place sur 122 grandes villes, avec un peu moins de 5 agressions pour 1 000 habitants. Elles restent au-dessus de la moyenne, mais loin des têtes, occupées par des villes moyennes comme Mulhouse ou Rouen. La taille d'une commune ne dit presque rien de son niveau de violence.
Changez d'indicateur et tout bascule. Pour les vols sans violence, ceux qui suivent les foules et les touristes, Paris arrive largement en tête des grandes villes, avec près de 47 vols pour 1 000 habitants, plus du triple de la moyenne. Mulhouse, première pour la violence, tombe au 40e rang. Une ville n'est pas dangereuse dans l'absolu, elle l'est selon ce que l'on mesure.
La violence épouse souvent la carte du niveau de vie
Ce qui distingue vraiment les grandes villes en tête, c'est leur situation économique, pas leur taille. Les communes les plus exposées à la violence sont le plus souvent celles où la pauvreté frappe le plus fort. À Mulhouse ou Perpignan, plus d'un tiers des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, contre souvent moins d'un sur dix dans les villes les plus sûres. Le lien est net dans les chiffres. Il décrit un contexte, pas une cause, et ne dit rien des habitants pris un par un.
Pour un acheteur, ces villes ont un attrait immédiat. Elles comptent parmi les grandes villes les moins chères de France. Le mètre carré tombe autour de 1 600 euros à Calais, quand il dépasse 10 000 à Neuilly-sur-Seine, la grande ville la plus sûre du pays. Un prix d'entrée bas s'accompagne souvent d'un environnement plus difficile, sans que l'un explique mécaniquement l'autre.
Mulhouse arrive en tête de notre classement des grandes villes (50 000 habitants et plus) sur la violence faite aux personnes, c'est-à-dire les coups, agressions et violences sexuelles rapportés à la population. Nous mesurons volontairement la violence, pas les vols, qui gonflent surtout dans les villes très touristiques sans refléter le danger vécu au quotidien. Le top 15 s'appuie sur les données officielles du ministère de l'Intérieur, actualisées chaque année.
Il n'existe pas de classement officiel unique, mais sur les violences aux personnes, la Seine-Saint-Denis et les départements du pourtour méditerranéen (Bouches-du-Rhône, Hérault) affichent régulièrement les taux les plus élevés de France métropolitaine. Sur l'ensemble des crimes et délits, c'est Paris qui domine, tiré par les vols. Nous classons des villes, pas des départements, en nous concentrant sur la violence réellement subie par les habitants.
Ce classement s'adresse à qui veut s'installer, pas au touriste de passage. On classe sur la violence aux personnes dans l'espace public, pas sur le total des crimes : le vol sans violence (pickpockets) suit le flux touristique et commercial, pas la dangerosité pour ceux qui y vivent. Le risque qui compte pour un futur habitant est celui de se faire agresser, cambrioler chez soi ou voler sa voiture.
Le classement couvre les communes de plus de 5 000 habitants pour lesquelles le SSMSI publie des données. En dessous, ou lorsqu'une commune a enregistré moins de cinq faits sur trois ans, la donnée est masquée par le secret statistique. Le haut du classement se lit sur les communes de plus de 50 000 habitants : sur trois ans, elles enregistrent des centaines de faits de violence, bien assez pour que le taux soit statistiquement fiable.
Parce que c'est plus fiable, et c'est la pratique des statisticiens. À l'échelle d'une ville, un taux d'une seule année peut varier fortement par simple aléa. Le SSMSI ne diffuse d'ailleurs les chiffres communaux que lorsqu'une commune a enregistré des faits sur trois années successives, et les instituts publics (ONS britannique, agences fédérales américaines) stabilisent ce type de taux par des moyennes pluriannuelles à poids égaux. On classe donc sur la moyenne 2023-2025 : un pic ponctuel ne fait plus grimper artificiellement une ville. La tendance récente reste affichée à part, pour ne rien masquer.
Non, et il se lit avec prudence. Il repose sur la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie, qui n'est pas la délinquance réelle : les violences aux personnes sont en partie sous-déclarées, et le nombre de faits enregistrés dépend aussi de la propension des victimes à porter plainte. Le classement ne dit rien des causes non plus (contexte social, densité, présence policière). Enfin, deux communes séparées de quelques rangs avec des taux proches ne sont pas vraiment différentes : les petits écarts ne sont pas significatifs. À lire comme un ordre de grandeur, pas comme un verdict.
Sur trois ans, plusieurs villes de plus de 100 000 habitants réduisent nettement leur violence aux personnes. Saint-Denis recule de 16 %, Nantes de 13 %, Villeurbanne de 12 %, Saint-Étienne et Bordeaux de 11 % chacune. Ces chiffres comparent le taux d'agressions pour 1 000 habitants entre 2022 et 2025. Une baisse reste une tendance : une ville qui s'améliore peut conserver un niveau absolu encore élevé.
À l'inverse, quelques grandes villes progressent vite. Rouen enregistre la plus forte hausse sur trois ans, +36 %, ce qui la place en tête du classement, devant Orléans à +24 %, puis Reims et Perpignan à +22 % chacune. Nice augmente de 18 %. Attention au niveau de départ : Boulogne-Billancourt bondit aussi de 18 %, mais part d'un taux si bas qu'elle reste parmi les villes les plus sûres de France.
Paris, Cannes ou Nice trustent les classements « crime » habituels. Pourtant Paris compte 5,3 agressions pour 1 000 habitants, sous le niveau des quinze villes ci-dessus. Sa réputation vient du vol : 45 vols sans violence pour 1 000, cinq fois la moyenne, concentrés sur les gares, sites touristiques et transports. C'est un danger de visiteur, pas de résident. En le retirant, le vrai relief apparaît : des villes moyennes du Nord, de l'Est et du littoral où la violence de rue est deux à trois fois la norme, parfois cachée derrière un score global d'apparence correcte.